Djam, le dernier film de Tony Gatlif

Djam - Tony Gatlif (C) Princes Production


J'avais envie de vous parler rapidement du joli coup de cœur que j'ai eu pour Djam, dernier film de Tony Gatlif. J'ai eu la chance de pouvoir assister hier soir à une des avant-première du film avant sa sortie officielle prévue ... aujourd'hui ! Du coup, c'est avec des images fraîches plein la tête que je vous parle de ce petit ovni qui poussent à la réflexion...

L'avant première, de la musique pour donner le ton de la soirée

Ma soirée était donc ponctuée par 2 petits bonheurs : un concert de Rébétiko (musique populaire grecque teintée de notes turques), comme ça, en pleine rue et ça, c'était magique sous le ciel grisonnant de Paris ! Les passants qui sourient, les futurs spectateurs qui se dandinent. De quoi bien commencer la soirée.

Et puis bien sur, la projection elle même, en présence du réalisateur et de deux des actrices du film. Même si leur présentation était brève, c'est toujours hyper intéressant de compléter le visionnage d'un film par quelques mots de l'équipe qui accompagne le projet. On comprend mieux la portée du film et ce que l'équipe porte comme valeurs.

Djam - Tony Gatlif - Princes Production
Djam - Tony Gatlif (C) Princes Production


L'histoire

C'est celle de Djam, jeune femme grecque, vivant avec sa famille sur l'île de Lesbos. Son oncle, marin passionné de musique Rébétiko, qui comme beaucoup de Grecs, subit de plein fouet la crise financière qui touche le pays, envoie Djam en Turquie, acheter une pièce de moteur pour la réparation de son bateau. Sur son chemin, la jeune Djam rencontre Avril, Française un peu (beaucoup) paumée, arrivée en Turquie comme bénévole en soutien aux migrants. Djam prend alors la jeune Française sous son aile, sur la route, de retour vers la Grèce. Leur chemin est bien sûr ponctué d'épreuves, de disputes, de rencontres, de musique, de danse, de fierté et de liberté.

Djam - Tony Gatlif (C) Princes Production
Djam - Tony Gatlif (C) Princes Production



Ce que j'ai aimé et ce que j'ai appris

C'est toujours un peu délicat de parler d'un film et de donner son avis car soit, on est dithyrambique et hyper enjouée, au risque de décevoir ceux que l'on a conseillés dans 90 % de cas. Soit on a moins aimé, est dans ce cas, on prive certaines personnes de se faire leur propre idée. Je préfère donc dire, ce que j'ai aimé, ce qui m'a gêné et ce que j'ai appris, car oui, on retient toujours quelque chose d'un film... 

Ceci étant dit, comme beaucoup de films de Tony Gatlif, il faut savoir que le film est porté par le voyage et la musique. Le Rébétiko ici, est une musique populaire, libre, fière et mélancolique à la fois. C'est un beau mélange d'influences grecques et turques. Quoi de mieux donc pour porter ce film à la croisée des cultures ?
La musique porte le film et son héroïne fougueuse. Elle fait danser nos personnages. Elle suggère la difficulté de la crise en Grèce mais révèle la force et la fierté de ce peuple. Elle témoigne de l'exil passé ou actuel, et accompagne les fantômes des migrants.

Djam - Tony Gatlif (C) Princes Production
Djam - Tony Gatlif (C) Princes Production

Ce qui marque : 
>> La fougue de l’héroïne car malgré les difficultés rencontrées, c'est toujours la vie qui l'emporte.

>> Le témoignage sur les difficultés de l'exil de ces migrants fantômes. On devine subtilement leurs passages sans les voir. Un peu comme dans nos vies à nous. J'ai d'ailleurs appris un des secrets du film : la route prise par nos héroïnes est un des chemins réellement empruntés par les migrants eux-mêmes. Les traces de leur exil que l'on perçoit dans le film (des écrits sur un mur "Libre venu de Sham", des gilets de sauvetages abandonnés) sont autant de signes du passage réel des migrants. De quoi vous toucher encore un peu plus. 

Ce qui est plus...discutable... :
Les scènes sont parfois assez décousues. Cela accentue la spontanéité du film mais c'est parfois assez déroutant. 

Le film n'est pas bâti selon les schémas usuels et il m'a manqué des bouts aux puzzles. Il faut donc plutôt voir ce genre de film comme le point de départ d'une réflexion ou d'autres recherches. Ici, sur :
- L'exil passé (je ne connaissais pas les flux migratoires des Grecs dans l'histoire et notamment en provenance de Turquie), 
- La crise actuelle en Grèce et les effets concrets que cela a sur toute une société
- L'histoire même du Rébétiko, à la croisée des cultures. En bonus, vous saviez-vous que la fameuse musique de Pulp Fiction était emprunté au répertoire du Rébétiko ? La preuve ici et ici.

A qui je le conseille ce film ? 

A ceux qui aiment les films Arte pardi ! Sans blague, vous l'aurez compris, on est loin des blockbusters américains (que je regarde aussi, si, si !) mais sur un joli film porteur d'un joli message de force. Comme souvent dans les films de Tony Gatlif, ça peut paraître décousu, farfelu, mais moi ça me plaît bien ! Ah et surtout c'est un film musical, donc si vous n'aimez pas le Rébétiko (ou que vous n'avez pas envie de l'aimer), passer votre chemin.

Djam - Tony Gatlif (C) Princes Production
Djam - Tony Gatlif (C) Princes Production

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