L'alimentation intuitive ou comment se reconnecter avec ses sensations

L'alimentation intuitive


J'ai beaucoup (beaucoup) hésité avant de me lancer dans la rédaction de cet article ... 

Tout d'abord parce que la nutrition, c'est quelque chose d'hyper sérieux, qui touche à sa santé et je crois sincèrement que bouleverser ses habitudes alimentaires (comme faire un régime par exemple), ce n'est jamais anodin, ni pour son corps, ni pour ses futurs comportements alimentaires. 


Ensuite, car je n'ai pas de diplôme accroché au dessus de mon bureau qui m'autorise à donner le moindre conseil de nutrition à qui que ce soit ! Donc je m'en réserverai bien !

J'ai finalement sauté le pas de la publication de cet article, car j'ai beau prôner l'acceptation de soi (#objectifbikinifermetagueule), le corps et son poids, au moins à un moment dans sa vie, sont une préoccupation pour tout le monde. Justifiée ou non d'ailleurs. Et depuis quelques mois, je suis de ceux-là. Je ne compte plus combien de dîners entre amis ou en famille, où au moins un convive balance, un peu gêné, un "heuu non merci, je fais attention...". Et même sans jamais avoir fait de régime dans ma vie, je fais partie de ces nanas qui ne savent pas refuser une part de brownie noix de pécan quand son frigo l'appelle (oui, mon frigo me parle ! Pas vous ?), qui en avale finalement 3 parts, qui a aimé ça, et qui culpabilise à mort quand elle doit déboutonner le premier bouton de son jean 15 minutes après... 

L'alimentation étant finalement quelque chose qui nous préoccupe presque tous à un moment de notre vie, j'ai finalement pris le parti de vous en parler ici. Mais j'en parlerai de manière un peu différente. Je ne parlerai pas de régime d'exclusion, de liste d'aliments autorisés ou interdits, ni de rééquilibrage alimentaire. J'explore des pistes que je ne connaissais pas il y a quelques mois, comme décrypter et analyser ses propres comportements alimentaires pour aborder l'aspect émotionnel qui gravite autour de la nutrition. 

J'en avais un peu parlé dans mon article d'il y a 1 an sur le bon miam et de l'importance de se reconnecter avec ses sensations. Je suis persuadée que le corps, si on l'écoute, sait nous orienter sur qui est bon pour nous et que cela est beaucoup plus efficace sur le long terme que tous les régimes d'exclusion que l'on voit fleurir chaque année à l'approche de l'été...


L'alimentation intuitive


Pour vous planter un peu le décor ... 

>> Mai 2017
Je rentre de vacances où j'ai traîné pendant 3 semaines en pantalon fleuri XXL, en t-shirt oversize et sandalettes. De retour à Paris, je passe mon jean et ouh, ça coince un peu. Un second pantalon, bon c'est mieux mais je déborde un peu là quand même... Je me pèse (je ne me pèse absolument jamais en temps normal, sauf chez le médecin, quand je suis obligée ! ) et là, + 10 kilos par rapport au poids que j'avais en tête (lui même, 5 kilos au dessus de mon poids rêvé, mais celui-là, on s'en fiche !). 
Je n'y ai tellement pas cru que je suis partie étalonner ma balance avec un pack d'eau !!! "Six bouteilles de 1,5L sur la balance...hum voyons voir....9 kilos....oui, cette f***% balance fonctionne correctement !!!!".
Je n'ai évidemment pas pris 10 kg en 3 semaines mais j'imagine qu'ils se sont gentiment installés en 1 an... Bref, petite déprime ... de 10 minutes ! Je me suis répétée à moi-même "Les desserts, c'est fini ! Les apéros, c'est fini ! Le fromage, c'est fini. Les légumes, c'est tous les soirs !". 
Un mois après, je me re-pèse. Moins 2 kilos. La loose. En vrai, 2 kilos en moins, c'est bien. Mais devant tous les sacrifices gustatifs auxquels j'avais renoncé pendant 1 mois, franchement, c'était ridicule.
Conclusion, je me dis que tant pis, je vais le garder comme ça mon corps. Parce que quand même, je l'aime bien, et je veux continuer de le nourrir de desserts, d'apéros, de fromage et de légumes aussi.

>> Décembre 2017
Mon corps un peu arrondi, je l'aime toujours mais je le sens de plus en plus lourd. Une sensation de lourdeur, l'estomac dans les talons en permanence. Un corps moins fonctionnel au quotidien. En danse, je galère, j'ai moins d'aisance, je suis vite essoufflée. J'ai des douleurs au dos (+ 10 kilos, tes articulations, elles le sentent). Et puis, on diagnostique un pré-diabète de type 2 à ma mère, pathologie dont sont atteintes 100% des femmes du côté de ma mère et dont la cause est très souvent, le surpoids. La génétique nous rattrape. Tout ça mit bout-à-bout, me fait me re-questionner sur mon rapport à ce nouveau corps ...

Et c'est là que j'ai commencé à réfléchir au poids comme une conséquence à quelque chose qui avait changé ou quelque chose qui ne fonctionnait pas bien et non pas comme un  simple problème. 


L'alimentation intuitive


Je me suis posée les 3 questions suivantes. 

Je l'aime et je ne lui veux aucun mal ! Et je le pense vraiment ! Les rondeurs, le ventre rebondi, la cellulite, les vergetures, vraiment, cela n'a jamais été problématique pour moi. Ah si, peut être 5 jours dans l'année, quand tu dois te mettre en maillot de bain sur une plage. Mais j'ai depuis longtemps décidé que je n'allais pas me prendre la tête et me culpabiliser 360 jours de l'année pour une exposition de 5 jours en maillot de bain devant des gens qui soit me connaissent, donc m'apprécient :), et donc se fichent de mon apparence, soit ne me connaissent pas et sont beaucoup trop occupés à avoir la même gêne vis-à-vis de leur propre corps.

Je sais que c'est une banalité de préciser qu'accepter son corps est une nécessité, mais je sais aussi que beaucoup s’empêchent de profiter pleinement du quotidien, dès que la balance indique un poids qui ne convient pas à notre tête. Avoir de l'estime de soi, doit pouvoir être une vérité quel que soit son poids, non ?



J'aimerais juste me débarrasser de cet inconfort, cette sensation de lourdeur permanente et retrouver un peu plus d'aisance. Ah, et ne plus prendre 10 kilos par an s'il-vous-plait-merci !

Je ne cherche pas à perdre beaucoup de poids. J'ai juste envie de me centrer sur mes sensations et retrouver celles d'il y a 1 an. Je ne sais pas si cela signifie perdre 1 ou 10 kilos. Et je m'en fiche un peu au fond. 

Ce que je refuse par contre, c'est de perdre rapidement du poids ! Je sais, c'est à l'encontre de ce que la plupart des personnes souhaitent !  Je veux apporter des petits changements. Infimes. Si petits que ma tête n'aura pas l'impression d'être en restriction et ne se sentira pas frustrée. Il n'y a que comme ça que ces petits changements pourront s'installer en habitudes durables. Donc forcément, je sais que les résultats seront trèèèès progressifs mais comme je l'ai dit plus haut, mon corps je l'aime bien, alors je n'ai pas envie de le brusquer.



Niveau alimentation, j'ai personnellement toujours refusé les règles de nutrition des bien-pensants. La chrono-nutrition, les régimes hyper-protéinées, hypo-caloriques, cétogène, starch solution ... honnêtement, je les vois tous les ans fleurir sur la devanture de mon kiosque à journaux et même si l'idée de les suivre m'a déjà effleurée l'esprit, je n'ai jamais sauté le pas. Car je me connais un peu et je sais que suivre à la lettre une règle soit-disant universelle, c'est :
- n°1 : beaucoup trop stricte comme cadre pour être compatible avec mon mode de vie à moi (je ne vais quand même pas m'empêcher d'aller manger les meilleurs repas du monde chez mes parents le dimanche midi ?! Personne ne peut y résister :) )
- n°2 : totalement utopique ! Comment on fait après avoir perdu ses 10 kilos ? On re-mange comme avant et donc on reprend ces 10 kilos ? Ou on reste au régime toute sa vie et si ton frigo t'appelle, tu craques et tu culpabilises 1000 ans ... hum... merci, mais non merci. 

Donc les règles universelles, c'est non.

Il ne me reste qu'à analyser mes comportements alimentaires, mon mode de vie, mes sensations, mon rapport avec la nourriture. Le tout, avec bienveillance car je le rappelle, mon corps, je le kiffe !

J'ai tenu un journal alimentaire sur 1 mois et j'ai tout noté. Les aliments, les calories associées (il y a des applis qui font ça très bien), les sensations d'inconfort, les émotions ressenties avant et après mes repas. Et de là, j'en ai sorti des petites règles, qui ne me concernent que moi, mon mode de vie, mes sensations. 

Je me suis rendu compte qu'il y avait une différence entre manger par plaisir gustatif (ce que j'accepte totalement) et manger pour compenser une émotion négative (pas top, ne résout absolument rien).

Je me suis rendu compte que je connaissais et savais détecter les sensations de satiété, mais que je ne les écoutais pas.

Je me suis souvenu que manger trop riche et copieux te donne presque instantanément une sensation d'inconfort, de lourdeur, désagréable. Elle n'est pas toujours à bannir mais elle est à balancer avec le plaisir gustatif du repas en question. 


Si j'apprécie un repas, un dessert, il n'y a aucune culpabilité à avoir.



L'alimentation intuitive



Oui mais alors, concrètement...ça donne quoi ? Vraiment rien de révolutionnaire !

>> Un sucre dans mon thé ?
Je suis une grande consommatrice de thé, avec 1 sucre s'il-vous-plait. Dans mon petit bilan, j'ai noté que j'en prenais 3 par jour en moyenne. J'ai essayé de me passer de sucre dans mon thé en journée, en fait, niveau goût ça passe ! Je me garde un demi sucre le matin, pour le plaisir sucré du petit déjeuner et c'est tout. Voilà, un mini changement. Vous pensez que c'est inutile ?
Moi non. J'ai fait des maths : 3 thés par jour, à raison d'un sucre par tasse, c'est 5,5  kg de sucre par an. Avec mon demi sucre par jour, je passe à 1 kg de sucre par an. Voilà. J'ai 4,5 paquets de sucre en moins dans mon corps et je n'ai pas altéré mon plaisir quotidien. 

>> Petit déjeuner
Je consomme la même chose depuis 30 ans ! Une boisson chaude, des tartines avec des trucs gras et/ou sucrés dessus. A part réduire le sucre blanc de mon thé, le seul autre truc changé est que je suis passée des biscottes de supermarché (aux recettes de fabrication mystérieuse) à du vrai pain acheté en boulangerie, tranché. J'en teste des nouveaux à chaque fois, je les congèle, et chaque matin, j'en sors 1, 2 ou 5 tranches selon mon envie et ma faim. Et je continue d'y mettre du beurre demi-sel, de la confiture, du miel, voir même du beurre de cacahuètes ! Niveau goût c'est mieux. Niveau budget, c'est pareil. Niveau nutrition, c'est moins pire !
Très peu de changement donc. Pourquoi ? Parce que ce petit déj', il est parfait pour moi, mes goûts et mon mode de vie. 

>> Déjeuner 
En semaine, je déjeune au restaurant d'entreprise. Une cantine quoi. C'est là que se sont opérés les plus grands changements, mais dans ma tête avant tout.
Mon mode de vie : la cantine, c'est pratique. Je n'ai pas du tout envie de me préparer une lunch box chaque jour, donc je vais faire avec.
Mon constat est qu'arrivée 12h30, j'ai toutes mes contrariétés de la matinée dans la tête. Les réunions pénibles. Les clients très pénibles. Les sollicitations très très pénibles. Brefff, j'arrive là avec mon plateau et je n'ai qu'une envie : calmer tout ça. Et mon réflexe dans ces moments là, c'est d'aller de manière compulsive vers du graaas et du sucré. Ce sont littéralement mes émotions qui sélectionnent les plats du jour. Je me suis rendu compte que je prenais chaque jour un dessert préparé type pâtisserie ou entremet et que je ne savais pas dire non à une bonne lichette de frites. Au final, gustativement, c'est pas terrible, j'ai le ventre lourd, et puis surtout, les relous-pénibles du matin, je vais les retrouver à 13h30 ... !
Le changement, il a été dans ma tête. Quand j'arrive au repas du midi, je me dis plusieurs choses :
- Pense aux sensations désagréables que tu ressens juste après un repas trop riche ou trop copieux
- Choisi un repas qui te fait plaisir, gustativement
- Quel que soit ce que tu choisis, ta contrariété, elle sera toujours là à la fin du repas
- Je pense vaguement aux règles de nutrition (1/2 légumes, 1/4 féculents, 1/4 protéines), mais ce n'est pas une obligation et surtout, je ne m'interdis aucun aliment. Never.

Ça n'a l'air de rien, mais ça a changé beaucoup de choses. Dès que je suis connectée à mes sensations, spontanément, je ne me rue plus sur les trucs les plus riches du présentoir, tout en privilégiant le plaisir gustatif. Naturellement, l'air de rien, je mange mieux et un peu moins.

>> Diner
Mon plus gros défaut pour le repas du soir, c'est la flème ! La flème de cuisiner, même si de base j'adore ça. Du coup, je pique-nique ! J’enchaîne de manière compulsive cacahuètes, fromage, pain, biscuits, re-fromage, re-pain, yahourt, fruit. Et oh j'ai le sentiment de ne presque rien avoir mangé. Heu si en fait. J'ai mangé. Trop. Et je n'en ai même pas la sensation car je ne me suis pas posé à table comme je le ferai pour un vrai repas.

Le changement ? Me remettre à cuisiner. Aucune règle précise. Juste cuisiner. Des féculents, des légumes, peu importe, car je sais que si je me pose pour ce repas, je suis capable d'écouter ma satiété et d'arrêter de manger lorsque je n'ai plus faim.

Là encore, je ne m’interdis aucun aliment, sucré, salé.



Se reconnecter à ses sensations, c'est 5 kilos en moins en 6 mois. Ce n'est rien du tout pour certain, mais pour moi, c'est très suffisant. 
Pourquoi ? Car je ne suis aucune règle stricte. Je n'ai pas besoin d'une volonté de fer pour suivre ces nouvelles habitudes. Cela se fait plutôt naturellement la plupart du temps.
Il m'arrive encore très souvent d'apaiser des contrariétés par la nourriture, mais cela m'arrive moins souvent. Et lorsque c'est le cas, surtout, je ne culpabilise pas !

Ce mode de fonctionnement me correspond. Il est simple, s'intègre à mon mode de vie et ne me demande aucun sacrifice ! J'ai juste à penser à être davantage en pleine conscience quand je mange. C'est tout.

J'ai bien conscience d'enfoncer des portes ouvertes avec la plupart des notions évoquées, qu'il n'y a rien de miraculeux dans ce que je vous raconte mais j'ai retrouvé un certain apaisement avec mon alimentation alors je trouvais intéressant de partager cette piste de réflexion avec vous. Questionnez-vous, créez vos propres règles compatibles avec votre mode de vie, gardez du plaisir à tout prix et surtout, n'écoutez que vous.


2 commentaires

  1. J’ai lu pas mal d’articles sur la nutrition et le tien est original. J’y ai appris pas mal de choses sur ce concept qui m’était jusqu’ici inconnu. Je trouve cela vraiment intéressant.

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